Chabbath Parachat
Michpatim
5 février 2005 –
26 chevat 5765
Jérusalem : Paris
Allumage des bougies : 16 h 41 Allumage des bougies : 17 h 33
Sortie de Chabbath : 17 h 54 Sortie de Chabbath : 18 h 44
Très chers amis,
J'ai le plaisir de vous adresser le Dvar
Thora de cette semaine avec lequel nous poursuivons
le deuxième chapitre des « Maximes des pères »
(Pirké Avoth).
Les commentaires sur le premier chapitre ont fait l'objet
d'un livre, le troisième volume de notre série
« Dvar Thora ».
Dans le but de diffuser encore et toujours le message éternel
de la Thora, nous envoyons ce Dvar Thora à des milliers de
personnes francophones dans le monde via Internet.
Comme nous vous l'avons déjà annoncé,
la YéchivaDaat ‘Haïm
est désormais installée dans de nouveaux
locaux, situés face au Mont Herzl à l'entrée
de Bayit Vegan, 1, Rehov Hapisga, à
Jérusalem (bâtiment Yad Harav Herzog où
depuis 40 ans se succèdent les prestigieux commentateurs
et chercheurs des 28 tomes de l'Encyclopédie Talmudique et
de divers commentaires du Talmud)
Nous comptons sur l'aide de tous nos amis pour pouvoir assumer
ce nouveau "challenge" qui permettra à la Yéchiva
de poursuivre son essor.
Ici, à Jérusalem, ville éternelle, symbole
de la pérennité du peuple juif, nous prions et agissons
pour la Délivrance et la paix.
Avec notre plus cordial Chabbath Chalom,
Rav Chalom Bettan
MERCI DE NOTER QUE NOUS INTRONISERONS UN SEPHER THORA
OFFERT
PAR MME NINETTE SITRUK
A LA MEMOIRE DE SON EPOUX
MONSIEUR ABRAHAM SITRUK
AU COURS DE L A SOIREE DE
GALA ANNUEL DE NOTRE ASSOCIATION DANS LES SALONS HOCHE A PARIS
LE MERCREDI 9 FEVRIER 2005
– 30 CHEVAT 5765
(RESERVATIONS 0607421604
ou sur DAAT.HAIM@PIXIMEL.COM)
Au nom du saint et vénéré Rabbi Haïm Cohen zt'l
1 Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643 07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11 Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com
Chabbath Parachat Michpatim
5 février 2005 – 26
chevat 5765
La voie de l'exception
(deuxième partie)
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Pour assurer la pérennité de l'étude
de la Thora, nos maîtres nous proposent un modèle d'association
très particulier, celui de Yssa'har et Zevouloun. Une association
à but très lucratif…
רבן גמליאל בנו של רבי יהודה הנשיא אומר : יפה תלמוד תורה עם דרך ארץ,שיגיעת שניהם משכחת עוון.
«Rabban Gamliel,
fils de Rabbi Yéhouda le Prince, disait : ‘L'étude
de la Thora est belle lorsqu'elle est jointe à une occupation
professionnelle, car leur double investissement évite la
faute. Toute étude qui n'est pas associée au travail
finira par s'anéantir et amènera le pêché.»
(Chapitre 2, Michna 2)
Dans notre dernière étude sur cette
Michna, nous citions la conclusion d'Abbayé :
« Nombreux sont ceux qui ont choisit
de suivre la formule de Rabbi Yichmaël et ils ont réussi,
alors que le mode de vie prôné par Rabbi Chimon Bar
Yo'haï n'a pas eu le même résultat. »
(Talmud Bera'hoth 35b).
Rappelons que la formule proposée par Rabbi
Chimon Bar Yo'haï consistait en une étude exclusive,
sans préoccupation aucune des besoins matériels.
Nous avons également cité Rabbi
‘Haïm de Volozhine qui y découvrait un concept
nouveau.
D'après lui, le terme rabbim (nombreux)
employé par Abbayé, vient distinguer entre la majorité
du peuple juif, qui ne peut vivre sans prendre en compte les besoins
matériels, et une minorité, qui se sent capable de
certains sacrifices, ayant à l'esprit la teneur du message
divin :
« Ce livre
de la doctrine ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras
jour et nuit » (Josué 1-8)
Investissement intellectuel
Il est intéressant de rapporter à
ce sujet une remarque du Rav de Brisk, Rav Its'haq Zeev Solovzetchiq
zatsal.
Il se réfère à la dernière
Michna du traité de Kiddouchine (82b) :
« Rabbi Meïr dit : ‘Il
est du devoir de l'homme d'apprendre à son fils un métier
qui n'exige pas un trop grand investissement intellectuel et avec
lequel il lui sera possible de gagner honnêtement sa vie.
Il est également de son devoir d'implorer
Celui qui détient la clef des richesses de ce monde, car
(…) la richesse et la pauvreté ne dépendent
pas véritablement de l'activité professionnelle de
l'homme, mais seulement de ses mérites.
(…) Rabbi Nehoraï dit : ‘J'écarte
tous les métiers du monde et n'enseignerai à mon fils
que la Thora. Celui qui est attaché à son étude
jouit d'une rémunération divine dans ce monde, le
capital de ces mérites restants entiers pour le monde futur.
(…) La Thora préserve l‘homme
pendant sa jeunesse et lui garantit une subsistance dans sa vieillesse. »
A première vue, il semble que Rabbi Méïr
et Rabbi Néhoraï émettent des avis totalement
opposés.
Mais un texte du Talmud fait une révélation
qui va nous laisser perplexes (Talmud Erouvin 13b, selon la version
de Maïmonide, cf. introduction au commentaire sur la Michna
ndlr.) :
« Méïr (‘qui éclaire'
en hébreu) n'est qu'un surnom qui vient exprimer que Rabbi
Nehoraï est parvenu à éclairer les yeux des Sages
sur des sujets de loi (hala'ha).
Rabbi Méïr et Rabbi Nehoraï ne
sont qu'une seule et même personne. »
Peut-il donc y avoir une discussion (ma'hloketh)
entre une seule et même personne ?
Par ailleurs, les termes dans lesquels s'exprime
Rabbi Nehoraï sont pour le moins surprenants, car il ne parle
que de ses propres enfants, expression unique dans la Michna. Car
si telle est la voie à suivre, on ne peut faire de distinction
entre ses propres enfants et ceux des autres.
Le Rav de Brisk explique que Rabbi Nehoraï
vient seulement conclure sa thèse :
Apprendre un métier concerne la majorité
du peuple, qui doit suivre la voie tracée par Rabbi Ychmaël.
Mais pour des êtres d'exception, qui considèrent
que l'importance de l'étude de la Thora exige un sacrifice
total des autres contingences, il est de leur devoir de suivre la
voie de Rabbi Chimon Bar Yo'haï, qui conseille de se consacrer
totalement à la parole de D.ieu.
Et c'est ce qu'exprime Rabbi Méïr
en ne parlant que de ses propres enfants.»
(‘Hidouché Maran Riz Halévy
al hathora p.7, 8)
Qui est un être d'exception ?
Il reste maintenant à définir cette
notion de minorité et de majorité. Selon quels critères
une personne doit considérer qu'elle a le devoir de suivre
la voie tracée par Rabbi Chimon Bar Yo'haï ou au contraire
qu'elle s'identifie avec la masse du peuple juif ?
Pour suivre Rabbi Chimon Bar Yo'haï, faut-il
être, au départ, une créature d'exception, possédant
une foi inébranlable en D.ieu, ayant un attachement sans
égal à l'étude de la Thora ?
Dans son commentaire sur le Choul'han Arou'h,
(le Michna Beroura, qui fait autorité en matière de
hala'ha dans tout le monde juif), le ‘Hafets ‘Haïm
développe cette problématique et nous offre des réponses
claires.
Un premier texte se rapporte au Choul'han Arou'h
(Ora'h ‘Haïm 156-1), qui fixe l'emploi du temps de l'homme
Juif :
« Après avoir fait sa prière
(cha'harith), il faut consacrer un temps fixe pour l'étude
de la Thora, et ensuite, exercer son activité professionnelle ;
car toute étude de la Thora qui n'est pas associée
au travail finira par s'anéantir et amènera le pêché,
car la pauvreté amènera l'homme à renier son
Créateur' (…) »
Le ‘Hafets ‘Haïm précise
(Biour hala'ha ibid.) :
« Les livres sacrés ajoutent
que ce programme concerne la majorité, car l'ensemble de
la population juive ne peut parvenir à une étude de
la Thora à plein temps.
Et comme nous l'indique Maïmonide dans « Hil'hoth
Chemita veyovel », s'il se trouve des êtres d'exception,
qui se sentent capables de tout sacrifier pour se consacrer à
une étude exclusive, ils ont le devoir de choisir cette voie,
sans se soucier des contingences matérielles.
Car D.ieu leur enverra tout ce dont ils ont besoin.
Des intérêts pour l'éternité
Toutefois, même ceux qui ne se sentent pas
à la hauteur de tout sacrifier pour l'étude, peuvent
s'y engager à plein temps s'ils bénéficient
de circonstances favorables.
Et ce fut le cas avec l'association des deux tribus,
Issa'har et Zevouloun, la première bénéficiant
de l'aide financière de la seconde pour se consacrer totalement
à l'étude de la Thora, le mérite de cette étude
étant partagé entre les deux associés.
Nos maîtres considèrent ce type d'association
comme un modèle à suivre pour tout le peuple juif,
à toutes les époques.
Nos maîtres nous l'ont dévoilé
par ailleurs : cette association amène des mérites
qui rapportent des intérêts pour l'éternité.
Et c'est ce qui permit, tout au long de l'histoire
juive, à des milliers de Sages de pouvoir diffuser et perpétuer
la parole divine.
On le voit, l'étude de la Thora à temps plein ne concerne pas seulement des êtres d'exception, prêts à tout abandonner, faisant fi des éléments matériels, fuyant les honneurs et la sécurité matérielle.
Même des hommes qui
n'ont pas atteint ce niveau dès le départ peuvent
espérer seconsacrer à une vie d'étude et de
sanctification du Nom divin.
Chabbath Chalom
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