|
Au nom du saint et vénéré
Rabbi Haïm Cohen zt’l
1, Rehov Hapisga, Bayit Vegan, Jérusalem Tel : 00 972 2 643
07 20 Fax : 00 972 2 643 07 19
12, rue Notre Dame des Victoires 75002 Paris Tel : 01 42 27 21 11
Fax : 01 42 27 54 91
Email : daat.haim@piximel.com Site : www.daathaim.org
Roch Hachana
15, 16 septembre 2004 – 29 éloul 5764, 1er tichri 5765
Chabbath Haazinou
17, 18 septembre 2004 – 2, 3 tichri 5765
Jérusalem - Paris
Allumage des bougies : 18 h 09 - Allumage des bougies de la fête
: 19 h 40
Sortie de Chabbath : 19 h 26 - Sortie de Chabbath : 21 h 01
Très chers amis,
A l’aube de la
nouvelle année 5765, nous tenons à vous adresser nos
vœux les plus chaleureux de Chana Tova et à vous remercier
à nouveau pour votre soutien à Daat ‘Haïm
tout au long de l’année 5764.
Avec l’aide de D.ieu, notre Yéchiva
a connu au courant de l’année un essor très
particulier : dans nos nouveaux
locaux, situés face au Mont Herzl à l’entrée
de Bayit Vegan, 1, Rehov Hapisga,
à Jérusalem (bâtiment
Yad Harav Herzog où depuis 40 ans se succèdent les
prestigieux commentateurs et chercheurs des 28 tomes de l'Encyclopédie
Talmudique et de divers commentaires du Talmud), un groupe
de jeunes particulièrement motivés commencent leur
cursus à Daat ‘Haïm.
Nous prions D.ieu de nous accorder les moyens pour
faire s’épanouir pleinement chacun des 122 étudiants
de notre institution et qu’ils puissent au terme de leurs
études faire profiter toute la communauté d’Israël
de leur savoir et de leurs qualités humaines.
Nos activités de diffusion
du judaïsme ont également continué tout au long
de l’année et rencontrent un succès grandissant.
Pour la troisième année consécutive,
nous éditons un livre regroupant les Dvar-Thora que nous
avons envoyé chaque semaine à des milliers de foyers
à travers le monde par le biais d’internet.
L’année prochaine, nos activités
d’information se poursuivront et s’intensifieront par
notre site www.daathaim.org, avec
de nouvelles rubriques pour diffuser le
mieux possible le message éternel de la Thora.
En cette veille de Roch Hachana, nous vous réitérons
nos plus sincères souhaits de ketiva ve’hatima tova.
Que la nouvelle année soit pour vous et
votre chère famille une année pleine de joies et de
satisfactions.
Que le Tout-Puissant vous accorde la santé,
la sérénité et la réussite dans toutes
vos entreprises, ainsi que la délivrance pour tout le peuple
d’Israël.
Que le mérite de mon ancêtre, le saint
et vénéré Rabbi ‘Haïm Cohen zatsal
soit pour nous tous une source intarissable de protection divine.
Puissent les souffrances que la communauté
d’Israël a endurées cette année prendre
fin et donner la place à la Grâce divine et à
la paix véritable.
Que s’estompe l’année
et ses malheurs
Que commence la nouvelle année et ses bénédictions
(Prière d’Arvit – Roch Hachana)
Soyez tous inscrits dans le livre de la vie.
Avec la bénédiction de la Thora que nous vous adressons
de Jérusalem.
Rav Chalom Bettan
Roch Hachana
15, 16 septembre 2004 – 29 éloul 5764, 1er tichri 5765
Chabbath Haazinou
17, 18 septembre 2004 – 2, 3 tichri 5765
Comment Lui ressembler ?
Par le Rav Eliahou Elkaïm
Directeur de l'éducation
La proclamation des treize attributs de
la Miséricorde divine n’est pas un simple énoncé
de principe mais une démarche profonde et authentique pour
tenter de calquer notre comportement sur celui du Créateur…
Les treize attributs de la miséricorde divine
(cheloch esré midoth ; Exode
34, 5-7) sont maintes fois mentionnés pendant les
seli’hoth et la prière
de Yom-Kippour. Proclamés avec ferveur par tout le public
(kahal), leur psalmodie résonne
en chaque juif longtemps après la fin de cette période
de recueillement.
Qu’est-ce qui leur confère une importance si cruciale
?
Selon le Talmud une alliance entre D.ieu et le
peuple juif a été conclue concernant les treize attributs
divins. En les évoquant, on est certain de recevoir une réponse
divine (Talmud Roch Hachana 17b).
Un esprit superficiel pourrait croire à
un pouvoir magique de ces versets qu’il suffirait d’ânonner
pour éveiller la miséricorde divine. En réalité
à travers la récitation de ces versets l’individu
entreprend une véritable démarche.
D.ieu est clément
Rabbi Moché Kordovéro (dit le Ramak,
contemporain du Ari zal) définit
le but véritable de cette démarche : permettre à
chacun d’accomplir authentiquement la mitsva
énoncée trois fois dans la Thora :
« Tu marcheras dans les
voies de l’Eternel »
(Deut. 8-6 ; 10-12 ; 11-12)
Compris en référence aux treize attributs
divins, ce commandement exhorte l’homme à s’imprégner
de ces mêmes vertus :
« D.ieu est clément,
sois-le aussi ; D.ieu est plein de bienveillance,
sois-le aussi » (Ex. 34 ; 6)
Seul donc celui qui comprend le sens de ces attributs
et leurs nuances peut pleinement accomplir cette mitsva primordiale.
Mesure pour mesure
Plus encore : « Ce qui permet aux attributs
divins d’avoir leur effet sur nous, c’est leur mise
en pratique par les hommes en ce monde. Quand l’un de ces
attributs (mida) est mis en pratique
par les hommes, l’attribut divin parallèle oeuvre dans
les sphères célestes et le monde peut ainsi jouir
de cet aspect de la miséricorde divine » (Ramak, Tomer
Deborah, fin du chapitre 1).
Une idée similaire apparaît dans ce
texte du Talmud :
« Rava dit : Quiconque efface
(dans le sens de dominer) ses mauvaises tendances, verra ses pêchés
effacés ».
Il s’agit de celui qui parvient à
maîtriser sa colère ou son mécontentement, alors
même que l’on s’est mal conduit à son égard.
Mais comment comprendre que le seul fait de maîtriser sa colère
assure le pardon de tous les pêchés ?
Soyons attentifs a la formulation ‘maavir
(laisser passer) al midotav’
par laquelle Rava signifie la maîtrise de la colère.
Elle suggère l’image suivante : même
lorsque l’on se trouve sur un passage si étroit qu’une
seule personne puisse passer, il est possible, en faisant un effort,
de laisser place a coté de soi à une autre personne.
L’homme en colère a tendance a ‘occuper tout
le passage’, ne laissant aucune place à une quelconque
forme de conciliation, de concession.
Celui qui contrôle ses pulsions et maîtrise
son caractère (midoth),
laisse place à celui-là même qui a eu tort,
ses pulsions et ses réactions primaires n’occupent
pas tout le passage.
En vertu du principe de réciprocité
(mida kenegued mida mesure pour
mesure), D.ieu limitera aussi à son égard l’emprise
de la rigueur (midath hadin).
Quant à celui qui a déraciné
totalement une mauvaise pulsion ou trait de caractère (mida),
D.ieu enrayera à son égard la midath
hadin, et la remplacera par la Miséricorde.
Tel est le secret du pardon des fautes! La pratique
ici bas de cette mida de ‘maavir
al midotav’ met en œuvre cette même mida
dans l’en-Haut à l’égard de celui qui
en est l’origine.
« Tu marcheras dans Ses voies »
« D.ieu dit à
Moïse : Chaque fois que le peuple d’Israël fautera
et éveillera le courroux divin, qu’ils fassent cette
énonciation des treize attributs et Je leur pardonnerai»
(Talmud Roch Hachana 17b)
Soulignons que le texte parle de ‘faire’
plutôt que de ‘dire’ (yaassou
au lieu de yomérou : dire).
Pourquoi un tel choix étymologique ?
La proclamation répétée des
attributs divins dans nos prières doit éveiller la
volonté sincère de faire, d’appliquer ces attributs
dans notre vie quotidienne, dans toutes nos relations avec notre
entourage. Ainsi on mettra en œuvre ces mêmes attributs
dans l’en-Haut.
Le Zohar enseigne que si D.ieu désire que
l’un (ou plusieurs) attribut(s) de Sa miséricorde se
manifeste, Il provoque des situations dans lesquelles l’homme
pourra accomplir cette mitsva
de « tu marcheras dans Ses voies
» dans le domaine de cet, ou ces attribut(s). Car en
vertu du principe du Ramak, c’est en pratiquant une mida
que l’on pourra éveiller la mida divine.
Fort de ce principe abordons ce texte très
énigmatique du Talmud (Berakhoth 18b) :
« Un juste (‘hassid)
fit don à un pauvre d’un dinar (somme assez importante)
la veille de Roch Hachana. C’était période de
disette. Quand l’épouse eut connaissance du don de
son mari, elle se querella avec lui. Il quitta alors la maison pour
aller dormir dans un cimetière. C’était la nuit
de Roch Hachana.
Pendant cette nuit, il entendit parler les esprits
de deux femmes défuntes : ‘Viens survoler l’univers
avec moi, et nous allons essayer d’entendre quelles sont les
calamités qui vont s’abattre sur l’humanité
(…). Elle revint et lui dit : ‘J’ai entendu que
celui qui sèmera avant les premières pluies, verra
toute sa récolte détruite.’
Le juste attendit donc les deuxièmes pluies
pour semer. Tous ceux qui avaient ensemencé auparavant perdirent
leurs récoltes alors que ses semences à lui furent
épargnées. »
Ce texte suscite de nombreuses questions :
- Pourquoi cet homme, décrit comme un
juste, est-il allé trouver refuge, lors d’une nuit
sacrée comme celle de Roch Hachana, dans un cimetière,
où règne l’impureté (toum'a) ?
- Pourquoi ce juste, après son geste si
admirable de générosité, a-t-il dû
subir la vindicte de sa femme ? Est-ce la récompense de
son action ?
Ceux qui ne sont que poussière
Rabbi Israël Salenter (Or Israël chapitre
26) nous éclaire :
Face aux reproches excessifs de son épouse
cet homme juste sut reconnaître que la colère naissait
en lui. Comme acte de repentir, il décida d’aller dormir
dans un cimetière, ce lieu où l’on comprend
la futilité de l’orgueil, en côtoyant ceux qui
ne sont plus que poussière. Il lui fallait réparer
sa faute avant le jugement de Roch Hachana, le lendemain matin.
Nous avons ainsi confirmation de tous les principes
précités : Que ce juste se soit enrichi après
son noble geste correspond parfaitement au principe de réciprocité
mida kenegued mida.
Et les circonstances de ce récit épousent
parfaitement le schéma précité.
En effet, D.ieu avait décidé de frapper
les récoltes des hommes, car ces derniers avaient fauté
et éveillé la Rigueur divine. Voulant préserver
ce juste Il lui fallait créer pour lui une situation singulière
lui offrant l’occasion d’exercer ses qualités,
et cela à plusieurs niveaux.
D’abord, lui a été donnée
l’opportunité de faire la tsédaka,
sous la forme d’un pauvre qui se présenta à
lui la veille de Roch Hachana, alors que la disette faisait rage.
Pour avoir, malgré la peur de manquer, ouvert
en lui les portes de la miséricorde envers un pauvre, D.ieu
a ouvert les portes de la pitié et lui a permis de sauver
sa récolte.
Ensuite, pour avoir su retenir son courroux contre
sa femme, travaillant son humilité jusqu’à aller
dormir dans un cimetière, ce juste mérita que D.ieu
retienne lui aussi son courroux, lui évitant de souffrir
d’un décret qui allait frapper le reste de l’humanité.
Ce qui pourrait paraître comme suite de circonstances
malheureuses se révèle être une situation d’exception
qui offre à cet homme l’occasion d’atteindre
son réel niveau spirituel, et d’éveiller dans
l’en-Haut ces mêmes attributs qu’il avait si bien
mis en pratique.
D’autres que lui, tout au long de l’histoire humaine,
ont également vu se présenter de telles situations,
mais tous n’ont pas réagi avec la grandeur que l’on
attendait d’eux.
Lorsque nous récitons avec
ferveur les treize attributs de la miséricorde divine, il
faut nous remémorer leur sens précis et tendre à
nous en imprégner.
Si, pendant ces journées
de fête, toujours chargées d’actes et d’émotions,
des situations se présentent à nous, qui semblent
user notre patience, c’est que, sans doute, D.ieu nous donne
l’occasion de réagir avec la grandeur qu’Il attend
de nous, nous offrant ainsi notre salut. Il nous accorde de cette
façon l’occasion d’éveiller les attributs
de Sa miséricorde dans l’en- Haut céleste…
Chana Tova,
Que votre nom soit inscrit dans le livre de la vie
|